Au coin d’un soir où tout semblait banal,
Mon cœur a vacillé sans prévenir.
Ton regard, éclat pur, doux comme un cristal,
A fait en moi soudain tout s’ouvrir.
Une étincelle en silence a dansé,
Ton souffle à peine, et l’air s’est figé.
Mon âme surprise s’est mise à trembler,
Comme un secret qu’on n’a jamais osé.
Lumière d’un monde au fond de tes prunelles,
Un océan dans l’ombre de tes yeux.
Je perds le nord dans ces clartés nouvelles,
Et chaque battement devient précieux.
Le vent léger glissait sur ton visage,
Effleurant la courbe de ton destin.
Ce fut un frisson, doux comme un présage,
Un souffle d’étoile tombé dans mes mains.
On n’a rien dit, pas un mot, pas un son,
Mais tout parlait, nos silences complices.
Et mon esprit, pris dans mille chansons,
Se noyait dans cette douce malice.
Tu regardais sans chercher à séduire,
Mais ton regard brûlait comme le feu.
Et j’ai senti mon cœur soudain s’ouvrir
À l’inconnu qui devenait si bleu.
Nos pas croisés au hasard du décor,
La nuit semblait suspendue entre deux cieux.
Et moi, rêveur, porté par cet accord,
Je voyais l’aube briller dans tes yeux.
Tout était vrai, tout semblait infini,
Dans l’instant simple où nos âmes se frôlent.
L’univers entier tournait sans bruit,
Sous la magie d’un échange d’étoiles.
Les minutes fuyaient, légères et folles,
Ton sourire s’y cachait en secret.
Et moi, perdu dans cette farandole,
Je te suivais sans savoir si c’était vrai.
Depuis ce jour, ce regard me hante,
Il revient souvent dans mes nuits d’errance.
Comme un murmure ou une douce attente,
Ou le reflet d’une tendre espérance.