Lire, c’est plus qu’un passe-temps : c’est une manière de vivre. Chaque page tournée est une rencontre, une aventure, une fenêtre ouverte sur l’imaginaire d’un autre. Mais parfois, cette rencontre ne se passe pas comme prévu. Une maladresse stylistique, un cliché mal placé, un personnage creux... et me voilà, lectrice frustrée, tiraillée entre mon amour des mots et mon exigence (légitime) de qualité.
Alors, j’ai eu envie d’écrire ce billet, un peu coup de gueule, un peu déclaration d’amour. Car oui, je pardonne certaines erreurs aux écrivains, avec tendresse même. Et d’autres, jamais. Voici donc la liste – subjective mais sincère – des erreurs que je tolère… ou pas. À tous les auteurs, confirmés ou en devenir, ceci est pour vous ❤️
Il y a dans les premiers romans quelque chose de touchant, d’un peu brut, un enthousiasme qui déborde. Des phrases qui trébuchent, des métaphores qui tombent à plat... Je pardonne. On sent l’envie de bien faire, le feu sacré, même si parfois le texte manque de fluidité.
➡️ Ce que je recherche dans ces cas-là, c’est l’honnêteté de la voix, même maladroite.
Oui, parfois c’est trop long. Oui, je saute des paragraphes (ne me jugez pas). Mais quand la plume est belle, même une digression champêtre de trois pages peut avoir son charme.
➡️ Je pardonne si ça sert l’ambiance, la psychologie, l’émotion. Je pardonne si c’est écrit avec cœur.
Un personnage aux yeux verts dans le chapitre 3 qui a soudain les yeux bleus au chapitre 10 ? Bon, d’accord. Ça arrive.
➡️ Je pardonne si l’histoire me captive suffisamment pour que je ne m’arrête pas à ce détail. Mais une relecture s’impose, quand même 😅
Un triangle amoureux ? Un vieux sage mystérieux ? Un détective torturé ? Pourquoi pas. Les clichés ne sont pas des fautes en soi – ce sont des archétypes. Tout dépend de ce qu’on en fait.
➡️ Je pardonne s’ils sont réinventés, détournés, incarnés avec finesse.
Un roman qui prend son lecteur pour un imbécile, c’est un non catégorique. Explications inutiles, morale martelée, personnages sans reliefs… Je me sens infantilisée.
➡️ La littérature, c’est un contrat de confiance. Si l’auteur ne me respecte pas, je referme le livre.
Des phrases toutes faites, des dialogues plats, des mots posés sans amour : c’est ce que je redoute le plus. Un roman peut avoir une histoire formidable, s’il est mal écrit, je n’y crois pas.
➡️ Je ne demande pas du Proust à chaque page, mais un minimum de soin, oui.
Je peux suivre un récit bancal si les personnages sont forts. Mais l’inverse ? Impossible. Des personnages qui changent de comportement sans raison, qui n’évoluent pas, qui ne vivent pas… Je décroche.
➡️ Un bon personnage, c’est un être humain de papier qui respire. Donnez-leur une âme !
Je ne suis pas prude, loin de là. Mais certains textes semblent se vautrer dans la noirceur ou la provocation gratuite, juste pour « choquer ».
➡️ Je ne pardonne pas la violence utilisée comme argument de vente. Elle doit avoir un sens narratif, émotionnel ou symbolique.
Lire, ce n’est pas consommer un produit. C’est tisser une relation – souvent intime – avec un texte et celui qui l’a écrit. Comme dans toute relation, il y a des ratés, des agacements, des moments de grâce aussi.
Je ne suis pas une lectrice parfaite, et les écrivains ne sont pas des machines. Mais j’aime les livres au point d’espérer qu’on leur donne le meilleur d’eux-mêmes. Qu’on les écrive avec flamme, avec rigueur, avec sincérité. Alors oui, j’accepte les petits défauts, mais je rejette les fautes de paresse ou de suffisance.
Aux écrivains : vos erreurs ne sont pas des fautes tant qu’elles sont faites avec passion. Mais sachez que nous, lecteurs, sommes là, attentifs, exigeants, et surtout, amoureux des belles lettres.
Aux lecteurs : n’ayons pas peur d’être critiques, mais restons bienveillants. Derrière chaque roman, il y a un être humain.
Et toi, lecteur ou lectrice de ce blog, quelles erreurs pardonnes-tu ? Et lesquelles t’agacent au plus haut point ? Dis-moi tout en commentaire 📩👇