Septembre marche, les bras pleins de silence,
Sous des arbres rougis par mille confidences.
Chaque feuille tombée est un mot oublié,
Un soupir du vent qu’on n’a pas écouté.
Le ciel a pris ce bleu un peu mélancolique,
Où passent des nuages lents, presque lyriques.
Les jours s'amenuisent comme une chandelle,
Et le soir descend, timide, avec ses ailes.
Les enfants rient encore au bord des ruelles,
Mais le vent plus frais souffle en ritournelles.
Il raconte aux pierres, aux bancs et aux toits,
Que l’été s’efface, qu’il plie déjà ses lois.
La ville respire à peine, tout devient pause,
Chaque chose attend, comme une vieille rose
Qui garde un peu de feu, mais sait que bientôt,
Les nuits seront longues, et le monde plus clos.
Pourtant, dans ce repli, il y a du trésor :
Les couleurs plus douces, la lumière qui dort,
Les mots qu'on n’ose dire qu'à la fin du jour,
Et ce calme en nous, qui ressemble à l’amour.