Quand tes yeux ont parlé, j’ai tout su sans un mot,
Le silence était lourd, mais rempli de lumière,
Un regard déployé, comme un souffle très chaud,
Effaçant mes frissons, calmant toute poussière.
Ils disaient l’infini, sans détour ni détour,
Un langage muet, mais plus clair que l’orage,
Comme un cri retenu, comme un frisson d’amour
Gravé dans l’horizon d’un céleste visage.
Quand tes yeux ont parlé, j’ai compris mes erreurs,
J’ai vu les jours perdus, les silences trop longs,
Chaque clignement doux ravivait mes douleurs,
Mais dans leurs profondeurs, renaissaient mes élans.
Tu n’avais pas besoin d’un discours préparé,
Ni de longues chansons, ni de fleurs à donner —
Il suffisait de voir ton regard s’éclairer,
Pour que tout mon passé se remette à tourner.
Dans tes prunelles sombres, j’ai vu des paysages,
Des aurores boréales et des lunes en fête,
Chaque étoile tremblait, chaque vague était sage,
Et mon cœur naufragé reprenait sa conquête.
Quand tes yeux ont parlé, j’ai su que j’existais,
Non pas comme un passant, non pas comme un mirage,
Mais comme un feu fragile, un secret révélé
Dans la douce clarté d’un intime voyage.
Ils n’ont rien murmuré, mais j’ai tout entendu,
L’appel, la vérité, le pardon, la promesse,
Et depuis ce moment, je ne vis plus qu’en eux —
Car deux yeux qui s’ouvrent peuvent sauver sans geste.