Toi, l’Étranger au Fond du Miroir
Au fond du verre, un regard se pose, froid,
Un être inconnu, mais pourtant si proche,
Il me scrute, sans dire un mot, sans émoi,
D’un silence lourd, comme un secret qu’on broche.
Ton visage, étranger, dans l’eau se déploie,
Tu n’es ni moi, ni l’ombre que je crois,
Dans tes yeux, je vois un monde sans foi,
Loin des rêves clairs, plongés dans le froid.
Ton visage change, se fane, se transforme,
Chaque trait se déforme et devient abîme,
Un rire éclate, une voix me déforme,
Fuis, ou suis, cet être étrange et sublime.
Le miroir s’étend, se brise en éclats fins,
M’écrasant de sa lumière aveuglante,
Je cherche mon reflet, mais il s’éteint,
Me laissant seul, à l’âme vacillante.
Au fond du verre, l'étranger me sourit,
Il est moi, il n’est pas, et je suis perdu,
Peut-être suis-je ce rêve que je fuit,
Un spectre qui naît de l’ombre, inconnu.
Dans ses yeux, je vois mes propres abîmes,
Un écho du temps, une douleur oubliée,
Le miroir dévoile nos tristes crimes,
Nos failles profondes, nos âmes brisées.
Et toi, l’étranger, qui es-tu donc vraiment ?
Un reflet, un songe, un guide ou un piège ?
Suis-je le prisonnier de mon propre mentement,
Ou l’âme de ce monde que tout mège ?